Le comportement de défense des abeilles

Le comportement de défense des abeilles

Pourquoi les abeilles piquent-elles ? Les abeilles piquent par réaction, pour se défendre et protéger la colonie, surtout la reine.

Le comportement défensif d’une abeille dépend d’un certain nombre de facteurs :

  • les conditions climatiques : le vent et l'orage rendent les abeilles plus agressives ;
  • la couleur : les couleurs claires suscitent moins l'agressivité que les couleurs foncées, ce qui explique la couleur blanche des vêtement d'apiculture ;
  • le développement ovarien : les colonies orphelines sont partiellement composées d'ouvrières dont les ovaires se développent, ce qui entraîne une élévation du niveau d'agressivité ;
  • le mouvement : les mouvements brusques et violents déclenchent plus vite le comportement de défense ;
  • l'odeur : l'abeille n'aime pas l'odeur des mammifères ; d'autres odeurs (laque et lotion capillaires, produits chimiques) peuvent également accroître l'agressivité ;
  • la période de l’année : le niveau d'agressivité reste très bas en période de miellée ; cependant, une miellée particulièrement intense peut rendre les abeilles plus agressives. Après la miellée, le niveau d'agressivité remonte et les risques de pillage augmentent, de nombreuses gardiennes stationnent sur la planche de vol. Au printemps ou en fin d'été les gardiennes protègent le couvain ou les réserves pour l'hiver ;
  • la race d’abeille : l'hérédité influence le niveau d' agressivité.

    Face au danger, les abeilles ouvrières sécrétaient une phéromone d'alarme, la 2-heptanone, produite par leur système mandibulaire. Cette phéromone met la colonie en état d'alerte.

    Cette substance cétonique peut être confondue, par les abeilles, avec d’autres substances cétoniques, contenues dans certains vernis à ongles ou avec la benzophénone utilisée comme fixateur dans presque tous les parfums, d’où les risques de piqûres plus importants pour les personnes qui utilisent des vernis à ongles, des parfums, des déodorants et autres cosmétiques.

    Lorsqu’il le fait, une phéromone d’attaque est répandue qui attire d’autres gardiennes qui, à leur tour, peuvent piquer. Cette phéromone d’attaque, l’acétate d’isoamyle, est produite par des cellules bordant la poche à venin. Si une abeille pique, cette glande continue à émettre le signal d’attaque. La phéromone émise, qui a une odeur de banane, rend les autres abeilles plus agressives et les incite à piquer. C'est pourquoi les apiculteurs enfument la partie piquée pour masquer ce message et stopper l'agression. Pour les autres, la fuite ou une bonne protection vestimentaire est alors nécessaire. Des récentes études ont démontré que l’appareil vulnérant émettaient également la phéromone d’alarme 4-11-eicosène-1-ol.

    Quand une abeille ouvrière pique, le venin est injecté dans la victime. La quantité et qualité du venin est la plus élevée (0,3 mg) lorsque l’ouvrière est âgée de 15 jours, période où celle-ci occupe la fonction de gardienne. 

    Dard d'abeille microscope

    Le dard rétractile, situé à l'arrière de son abdomen, est rugueux : une fois planté dans un épiderme, l'abeille ne peut plus le retirer, le dard est alors arraché avec la poche à venin. Lorsque l’abeille piqueuse tente de s’échapper, elle perd son arme de défense (appareil vulnérant) et mourra peu après à cause du déchirement de son abdomen. L'abeille n'a plus que quelques heures à vivre au maximum. Elle ne peut donc piquer qu'une seule fois, contrairement aux frelons ou aux guêpes dont le dard est lisse. 

    Notre premier réflexe généralement est de retirer le dard : ce geste est utile s'il est bien exécuté. Si le sac à venin est comprimé, le reste éventuel de son contenu est alors injecté sous la peau. Il s'agit donc de glisser un ongle, une carte de crédit, ou un objet tranchant au ras de la peau pour retirer le dard sans presser la poche à venin.

    enlever le dard

    Il ne reste plus qu'à désinfecter et éventuellement appliquer une crème anti-inflammatoire. En cas d'attaque aux doigts, pensez à enlever rapidement les bagues (avant l'apparition de l'oedème) et à retirer les bracelets dans le cas des mains.

    Les dards restant dans les vêtements peuvent imprégner ces mêmes vêtements de phéromones qui vont déclencher une nouvelle attaque lors de la visite suivante : il est donc conseillé de laver fréquemment les vêtements de protection.

    L’appareil vulnérant

    Appareil vulnérant abeille ouvrière

    Seules les abeilles femelles possèdent un aiguillon. L’appareil vulnérant, ou aiguillon, est en réalité une modification de l’ovipositeur, organe servant à déposer les œufs pondus chez les insectes parasites. L’appareil vulnérant comporte :

    • Deux soies barbelées qui constituent le dard et qui coulissent à l’intérieur d’une pièce de chitine renflée, le gorgeret ;
    • Deux gaines qui protègent l’aiguillon ;
    • Des glandes à venin. La glande acide alimente le réservoir à venin, partie renflée du gorgeret et la glande alcaline qui facilite la lubrification de l’aiguillon ;
    • Un sac à venin où celui-ci est conservé ;
    • Des pièces chitineuses et des muscles qui permettent la sortie de l’aiguillon et l’injection du venin.

    Le dard ou aiguillon présent sur les abeilles femelles se trouve non seulement chez Apis mellifera, mais chez tous les hyménoptères aculéates parmi lesquels se trouvent guêpes, frelons, bourdons et abeilles sauvages.

    Réaction à la piqûre et allergie au venin d’abeille

    La piqûre d’abeille provoque généralement une douleur vive accompagnée d’une inflammation locale ; elle n’est généralement pas dangereuse. De nombreuses applications externes dites appropriées (pommade, glaçons, herbes, ...) sont pratiquées et associées à la prise des cachets pour contrôler la douleur. Même sans rien faire, cette réaction normale disparaît après quelques heures ou les 2 à 3 jours suivants.

    En cas de réaction allergique grave, consulter un médecin des urgences. La réaction à une piqûre devient anormale lorsque des manifestations surviennent ailleurs qu'à l'endroit de la piqûre. Par exemple : enflure du visage, urticaire (rougeur) généralisée, changement de voix, difficultés à avaler ou à respirer, crise d'asthme, faiblesse, vomissements persistants, perte de conscience, état de choc. En cas d'un ou plusieurs de ces symptômes, agissez rapidement : rencontrer un médecin ou prenez un antihistaminique et présentez-vous urgemment dans le centre de santé le plus proche.

    En cas de réaction allergique très grave, menant au choc anaphylactique, une injection d’adrénaline doit être faite dans les minutes qui suivent. Le stylo injecteur doit toujours être à disposition. D’ailleurs, deux stylos valent mieux qu’un, en cas de dysfonctionnement ou si la première injection ne suffit pas. L’adrénaline est stable à 25 °C, par conséquent, la conservation au réfrigérateur est conseillée seulement lors des coups de chaleur.

    Pour s’engager en apiculture, il faudrait bien s’assurer que l’on ne manifeste aucune allergie grave à la piqûre et au venin d’abeille. Si tel est le cas, mieux vaudrait s'abstenir de pratiquer l'apiculture et s'inscrire dans un autre maillon de la chaîne de développement apicole.